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Spiritualité AA

une interprétation

A.A.

12 et 12  

Mes textes pour A.A.

 

 

 

  Un témoignage,

                                une évolution ,

                                                        mon parcours.

 Préambule

Pourquoi présenter un site sur les dépendances, aliénations diverses et l'autonomie personnelles ? Si je fais un bilan, je m'aperçois aujourd'hui que ma vie jusqu'à présent est un long cheminement de la dépendance vers l'autonomie.

Le  déconditionnement amène une plus grande liberté intérieure donc plus de vraie liberté. J'ai aussi acquis la conviction qu'une telle démarche de liberté et de bien-être est à la portée de tous les êtres humains. La révélation d'un chemin de progrès personnel peut avoir des origines différentes. J'en ai pointé  quelques-unes, telles que, pour ce qui me concernent :

Voici en forme de SOMMAIRE Les étapes pour comprendre mon cheminement :

 

L'enfance et le conditionnement familiale

Mon enfance, malgré la guerre, se déroula, d'un point de vue matériel de façon assez rassurante  et confortable. Il n'en a pas été de même sur le plan psychologique, affectif et spirituel. Elevé par des parents ayant des principes religieux , je me suis retrouvé dans un collège catholique. Les nombreuses obligations religieuses , les rites et manifestations de foi sans une bonne compréhension de ce que tout cela signifiait, m'a privé de la possibilité de me mouvoir avec aisance dans cet ensemble d'obligations traditionnelles ou rituelles. Il me fallait vivre aussi avec, toujours brandi au-dessus de ma tête, la sombre perspective du mal et de son corollaire menaçant, l'enfer en conséquence . J'ai donc connu de bonne heure la culpabilité , surtout au moment de la puberté et de l'adolescence . Une terrible sensation d'isolement me gagnait, car les ressenti et les émotions fréquemment présentes, souvent en but aux tabous et interdits, ne purent être communiqués . Je devais tout garder pour moi . Une seule ouverture , Dieu merci , pour échanger des informations sur le vécu, les sentiments , et les vraies réalités : les copains. Une possibilité  pour se rassurer et s'informer mais dans des conditions peu cohérentes, incomplètes, et toujours un peu "sous le manteau" avec sa charge de culpabilité.

Des parents assez distants , dont les attitudes éducatives d'ailleurs très courantes à l'époque , se contentaient essentiellement à pointer le négatif en considérant les choses positives comme allant de soi . Ma sensation à l'époque était donc de toujours me demander si je n'étais pas en train de mal faire. De plus, les questions un peu intimes sur les sentiments , la sexualité , l'argent , étaient quelque part considérées comme inconvenantes. Un fort sentiment de suspicion par rapport à ce que j'avais envie de dire me poursuivait en permanence . Allais-je être approuvé? Ne serais-je pas morigéné? n'allait-on pas se moquer de moi?  La dérision était souvent pratiquée pour évincer des questions gênantes. Aussi, étais-je devenu muet , timorée, timide. Ce complexe m'a affecté durant de nombreuses années.

Une ouverture cependant dans cet entourage familial froid et distant, les fréquents contacts avec mes grand-mères et une grand-tante ou je ressentais une authentique considération, une chaleur , une écoute et enfin un regard positif. Peut-être ont-elles été les personnes révélatrices de mes dynamismes profonds, d'un désir d'accomplissement et les ferments premiers d'un début d'estime de moi.

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Mon adolescence: sa fragilité , ses troubles , ses angoisses, ses révoltes.

Je vivais très replié sur moi-même avec une timidité souvent paralysante . Au collège, allez au tableau était une souffrance , réciter ma leçon presque impossible même la sachant . J'étais reconnu comme un cancre inoffensif et souvent l'on me prédisait un avenir sans éclat, triste et d'une grande banalité. "Un sans avenir", disait-on,  ce qui en plus de ma timidité me donnait bien des doutes sur moi-même. Dieu merci , physiquement solide , j'avais de bons résultats dans les sports. Et l'attitude admirative de quelques-uns par rapport à mes succès sportif m'apportait une douce compensation à mes supposées carences intellectuelles.

Souvent perturbé par une puberté mal comprise, j'étais terrifié à la seule idée d'une relation, quelle qu'elle soit, avec les femmes. Une vraie catastrophe , où , le plus souvent, j'en sortais mortifié donnant l'impression d'être demeuré . L'on me renvoyait d'ailleurs bien souvent d'une façon ou d'une autre cette image d'un "demeuré" . Je ressentais souvent les adultes, au travers de leur prétexte, dans l'attitude de la défiance et les petites responsabilités , comme l'on peut en confier souvent aux jeunes gens , m'échappaient fréquemment. Cette tendance et ambiance permanente à la dévalorisation m'affectaient assez profondément et j'en venais de plus en plus à douter de mes possibilités.

Je n'étais pas sans réaction, un jour j'ai refusé de me rendre au collège . Ce qui m'a valu enfin des conversations avec mon père ou j'ai pu ressentir que son apparente indifférence , n'était qu'une attitude très réservée pour tout ce qui était du monde des sentiments et que pour lui les relations s'établissaient sur un mode de froide politesse. Nous sommes arrivé à un compromis et je regagnais les bancs du collège quelques jours plus tard. A la rentrée suivante , je réintégrais une classe à la fois de rattrapage et terminal ou je ne sais pourquoi je suis devenu ce qu'il est convenu d'appeler un bon élève. Libéré de la perspective d'examens consacrant un statut , intéressé par un appétit de liberté que, pensais-je, me donnerait la fin des études , j'ai eu dans cette dernière année d'étude secondaire , un succès suffisant pour pouvoir glaner un peu de considération. J'ai alors gagné un petit cran de maturité , mais aussi un grand appétit pour des satisfactions de fierté et d'amour-propre.

Les bons moments bien que rares furent suffisant pour me donner le goût d'agir. J'ai trouvé dans le scoutisme un moyen d'expression dans l'action. Les activités collectives dans ce mouvement, sous tendus par une philosophie positive pour des adolescents de mon âge, me firent le plus grand bien. J'échappais de la sorte à l'ambiance familiale toujours à tendance un peu négative et superficielle.

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Le mariage, les enfants ,furent des responsabilités trop lourdes pour des épaules fragiles.

Deux kms pour me rendre au collège , de vingt à 30 minutes , suivant le temps qu'il m'avait fallu à me préparer . ce temps-là toujours parcouru ponctuellement chaque jour, au même moment, m'avait permis au cours de cette dernière année de collège de faire ma cour à une jeune demoiselle qui se rendait elle-même dans l'institution des filles  voisine de mon collège . Voilà comment j'ai connu mon épouse . Mon sentiment était si fort que ma timidité s'est un peu envolé . Dans des circonstances exceptionnelles, mes audaces de timide me rendaient parfois plein d'effroi. A l'époque ce chemin d'apprentissage de la vie affective me comblait et me remplissait de force . Vivant un amour caché, car je n'osais l'avouer dans ma famille, nos rencontres étaient espacées . Sorti du Collége J'ai intégré une petite bande de copains, ou j'avais ma place et une petite notoriété possédant voiture et argent de poche. En effet, mon père m'avait procuré, dans une petite affaire à lui qui si elle n'avait du être liquidé par manque d'adaptation aux réalités commerciales de son temps m'aurait été destinée, une place d'employé rémunéré en attendant le départ au service militaire. Ma vie se partageait donc entre ma discrète liaison avec ma future femme, les copains , le scoutisme et le boulot. J'ai commencé là à sortir plus qu'il n'était raisonnable et faire la fête presque tous les soirs en flirtant plus souvent avec les abords de l'ivresse qu'avec ma fiancée. Je pense avoir découvert à cette époque les bienfaits de l'alcool sur mes souffrances psychologiques. Découvert aussi , qu'avec l'alcool je pouvais transgresser bien des barrières inculquées par l'éducation religieuse , la famille, les convenances de société, mais malheureusement pas sans l'inconvénient de la culpabilité. Un fait à cette époque qui aurait pu paraître insignifiant m'avait beaucoup troublé, probablement à la mesure de l'estime et des sentiments que je vouais à cette  Grand-tante qui était venu passer quelque jours à l'appartement de mes parents. Elle avait pris en charge , lors d'un de leurs voyages, l'intendance et le train-train journalier de la maison;  je l'avais vu alors ,sans rien me dire , fortement attristée; elle s'était aperçue de mes rentrées tardives accompagnées d'une légère ivresse.      

Le temps du service militaire approchait à grand pas. Je vivais à l'époque une certaine insouciance, les responsabilités devant la vie ne m'inquiétaient pas trop , j'avais trouvé avec la boisson un remède à mes troubles de personnalité , je rêvais ma vie dans des perpectives optimistes , et bâtissais en fait des "châteaux en Espagne" . Je me vantais beaucoup auprès de ma bande de copains et me satisfaisait à bon compte de ma vanité. Il m'était difficile de pouvoir accéder à l'école des Officiers de Réserve ne possédant aucun diplôme si ce n'est un vague certificat d'études secondaires. Dieu merci , sous l'insistance de mon père j'ai suivi , dans une caserne de Lille, les cours en un premier temps de préparation militaire et ensuite ceux de la préparation militaire supérieure, ce qui m'a valu d'entrer , au moment de l'enrôlement, aux E.O.R. à Saint Maixent pour six mois d'école. Bien encadré, serré de prés par une discipline ferme et beaucoup de cours et d'exercices, je ne vivais que dans la crainte des examens et contrôles des connaissances. Six mois plus tard, je fus reçu 243éme sur 800 cents candidats avec, au tableau, une variété suffisante de choix pour les affectations ou je terminais les 12 mois de service qu'il me restait à faire. Quelques places encore pour le sud marocain dans une unité de Légion Etrangère. Une auréole d'aventure, de mystère , de fierté et de gloire imprégnée ces deux termes de "Légion Etrangère" ce qui n'était pas pour me déplaire. Je me suis retrouvé , sous-lieutenant dans une unité dont la plupart des légionnaires ainsi que leurs officiers revenaient du "Baroud" indochinois; ils avaient "galèrès" pendant trois ans pour en principe un an de repos, replié au Maroc , avant d'y retourner. L'ambiance de ce fait était plutôt davantage à la détente qu'à la rigueur militaire. Les fêtes étaient fréquentes avec cette acharnement à s'amuser que donne la crainte de repartir et de ne peut-être jamais plus revenir . Mon statut dans cette ambiance était un peu particulier , puisque réserviste en activité au sein d'une communauté de personne dans une carrière militaire et de surcroît en repos d'une guerre ou ils allaient retourner dans l'incertitude du retour. Aussi, l'ambiance était tour à tour débridée dans la fête et les amours, grave dans les nouvelles de là-bas, révoltée dans les propos, angoissée pour les familles, cynique par moment, et souvent dérisoire dans les outrances, mais toujours très solidaires dans leur "esprit de corps" . J'ai certainement évolué en maturité à leur contact, j'ai mieux compris toute la complexité des sentiments, mais je fus souvent un peu perdu quand je recueillais un trop plein d'angoisse , d'incertitude , ou de recherche d'affection substitutive. Un tourbillon où tout s'est beaucoup mélangé et où l'alcool servait de catalyseur pour rester dans une réalité qui m'était propre et anesthésiait une confusion de sentiments.

Le fait de boire avec eux et de faire aussi la fête m'a certainement permis une certaine forme d'intégration. J'ai vécu d'assez bon moments , en excellente relation avec la plupart d'entre eux, d'autant qu'à l'époque je gérais bien mon alcool et n'ai, sur cette année-là, comme souvenir de cuite que celle de l'arrivée et celle du départ. A l'arrivée, le comité d'accueil avec un scénario bien mis au point, d'ailleurs classique à la Légion , mais suffisamment sophistiqué pour y croire , m'a fait perdre dans l'alcool , non seulement toute dignité mais aussi la conscience totale d'une partie de la soirée. Ma gêne au réveil le matin fut d'autant plus grande que lorsque je me suis présenté devant le Capitaine , je l'ai d'autant moins reconnu qu'il y avait eu inversion de rôles entre lui-même et son ordonnance. La cuite du départ , fut morne , triste , un tantinet conventionnel et quelque part préfigurait bien les débuts d'un triste parcours dans l'alcool.

Ma fiancée au retour me fit remarquer que mon attitude s'était modifiée , mon idéalisme avait fait place à des sentiments désabusés et pessimistes envers les autres . Ce temps de service me sortait de l'enfance assez protégée que j'avais pu avoir , m'avait ouvert un peu les yeux sur une condition humaine souffrante, empêtrée et assez fataliste. Ce pessimisme se percevait au travers de mes propos devenus assez négatifs sur la vie et les personnes. Par contre , j'éprouvais une certaine fierté de ces 18 mois de service militaire . Je profitais à la fois de l'auréole liée , en ce temps-là, au nom de " la Légion Etrangère" et aussi à ceux de mes galons de lieutenant. J'en ai ressenti du bien pour l'estime de moi-même mais par contre l'utilisation que j'en faisais pour me fair valoir, confinait à une perversion de" l'estime de soi" , autrement dit l'orgueil était au rendez-vous. Cette surévaluation de moi-même n'était pas sans effets négatifs sur mon psychisme.

Dix huit mois plus tard je me mariais . A la fois heureux d'entamer une nouvelle donne de ma vie mais aussi très inquiet de par mes responsabilités nouvelles. Nous avions préparé le mariage dans une certaine fébrilité , moi-même content de quitter une famille trop superficielle à mon goût , ma femme également de quitter une famille ou les disputes ne manquaient pas , pressés également par une belle famille qui ne voyait pas d'un bon oeil des fiançailles prolongées . Par ailleurs , le petit boulot que j'assumais dans l'affaire de mon père n'étant pas suffisamment rémunérateur , mon beau père, à tendance super protectrice , m'avait déniché un job,  par relation dans son créneau d'activité, de représentation . Je peinais dans cette nouvelle fonction , si peu en concordance avec ma timidité maladive. En fait deux préoccupations nouvelles très importantes, à prendre en compte dans un contexte parfaitement inconnu. Heureusement nos sentiments très forts à ce moment-là entre ma femme et moi a pu soutenir l'édifice embryonnaire.

Installé en location dans une petite maison récente et coquette d'un quartier populaire d'une ville industrielle, naquirent très vite mes enfants . Encore immature face à ces nouvelles responsabilités de fréquents moments d'angoisse m'étreignaient . Des jumeaux dans la première année de mariage , puis deux autres , en fait, quatre enfants en l'espace de quatre ans , je me sentais un peu dépassé. Mon métier de représentant à la commission et de ce fait, l'incertitude des rentrées d'argent , me maintenait dans un état de stress quasi permanent que je soulageais déjà par des libations en fin de journée dans les bistrots ou les bars et parfois les boites de nuit . Autre phénomène compensatoire à mon stress: la cigarette, pour me détendre soi-disant . Je me souviens qu'à l'époque je m'étonnai déjà , lorsque je terminais mon repas du soir , de me servir et me resservir la bière de table en litre , la bière de ménage disait-on , en me posant la question: "mais comment ce fait-il que j'ingurgite avec tant de délectation cette boisson"? qui en fait ne me semblait pas si délectable que cela. Peut-être étais-je déjà "accro" à la légère euphorie dû au  peu d'alcool que contenait ce breuvage.? Ou déjà l'emprise phisiologique créant l'appétence viscérale?

Très sensibilisé par une pression constante autour de moi de l'attente d'une réussite professionnelle , un foyer dont les besoins augmentaient sensiblement avec le temps , une sensation d'incompétence dans la réalisation de mes démarches commerciales , l'insécurité d'un système de rémunération à la commission , les aléas de la conjoncture , les défauts de fabrication de produits nouveaux au stade d'un perfectionnement et de la recherche d'un marché , pesaient encore plus sur une confiance en moi depuis toujours des plus chancelante . Je vivais souvent projeté vers ces deux extrêmes que sont des espoirs insensés de réussite mirifique, et la vision de ma faillite professionnelle complète sans savoir imaginer que d'autres voies ou métiers pouvait s'ouvrir à moi.

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